· 

L’entraide Humain/Bactérie par Delphine Nigon, attachée de recherche au CHU de Toulouse

 

Aujourd'hui on laisse la parole à Delphine Nigon, attachée de recherche au CHU de Toulouse, écologiste dans l’âme, auteur de « Polyarthrite rhumatoïde : soignez votre microbiote intestinal ! » (Editions Katana Santé) qui nous raconte cette belle histoire entre nous et les bactéries. 

 

 

Les bactéries sont apparues il y a plus de 3.5 milliards d’années et ont déjà survécu à cinq extinctions.

 

Les microorganismes nous ont bâtis et ont coévolué avec nous. Nous sommes liés, eux et nous, depuis toujours et notre association perdure.

 

Nous ne devons négliger leur alimentation en termes de prébiotiques (fibres végétales de qualité, en quantité, et variées), mais l’apport de probiotiques qui existe dans toutes les cultures depuis des millénaires doit être maintenue pour prendre soin de notre écosystème intérieur.

 

Des microorganismes ont permis à nos ancêtres de conserver la nourriture, et même de pouvoir s’hydrater en consommant une eau ayant été rendue potable grâce à la fermentation.

 

Dans un yaourt cohabite deux microorganismes qui vivent en symbiose : Streptococcus thermophilus métabolise le lactose en différents acides, eux-mêmes substrat des Lactobacillus bulgaricus qui ont des enzymes permettant de présenter à leurs amies Streptococcus les acides aminés tels la valine ou l’histidine qui leur font défaut.[1]

 

Les kéfirs de lait et d’eau contiennent eux de nombreuses souches de bactéries et de levures. Leurs bienfaits sont connus de longue date.

Les graines de kéfir d’eau sont constituées d’une communauté symbiotique complexe de bactéries telles des Lactobacillus, des Acetobacter et de levures. [2] Ces populations microbiologiques ont des activités métaboliques subtilement entrelacées [3]

 

La biodiversité microbienne du kéfir maximise les chances de tirer les bénéfices d’un de ses multiples composants.

 

Prenons soin de notre microbiote qui nous confère, grâce à son patrimoine génétique bien supérieur au nôtre, et grâce au temps de division très bref des bactéries, une capacité d’adaptation à notre environnement dont nous devons prendre pleinement conscience. La notion de microbiote et de symbiose devrait nous apprendre l’humilité, l’importance capitale de l’entraide au sens large, et que notre place est au cœur de la nature. Sortirons-nous de l’Anthropocène pour entrer dans le Symbiocène ?

 

 

1.            Sélosse, M.-A., Jamais seul. 2017: Actes Sud.

2.            Gulitz, A., et al., The microbial diversity of water kefir. Int J Food Microbiol, 2011. 151(3): p. 284-8.

3.            Stadie, J., et al., Metabolic activity and symbiotic interactions of lactic acid bacteria and yeasts isolated from water kefir. Food Microbiol, 2013. 35(2): p. 92-8. https://www.researchgate.net/publication/236690140_Metabolic_activity_and_symbiotic_interactions_of_lactic_acid_bacteria_and_yeasts_isolated_from_water_kefir

 

Son linkedin : https://www.linkedin.com/in/delphine-nigon-31a71714a/

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0